Les Éditions Anatolia
Les livres d'Anatolia Récit de Saint-Pétersbourg, Boris Pilniak - Samuel Beckett, Aidan Higgins Découvrez les derniers livres des Éditions Anatolia Le camarade joueur de jazz, Josef Skvorecky - Journal d'une femme adultère, Curt Leviant
Le Feu noir, Vassili Rozanov - La Vie de Riley, Anthony Cronin
Vaincu par l'amour, Patrick Kavanagh - J'avais peur de Virignia Woolf, Richard Kennedy Octobre en wagon, Marina Tsvétaïéva - L'énigme du fils de Kafka, Curt Leviant Comment cesser d'exister, Will Cuppy - L' Art de l'insulte et autres effronteries, Samuel Johnson
Biographie sentimentale de l'huître, Mary Frances Kennedy Fisher Actualités et nouveautés littéraires chez Anatolia Pacific 231, Bernard Waller - Confessions d'une femme mûre, Michèle Goettmann
Promenades Dans La Dublin De Joyce, Robert Nicholson - Le prolifique et le dévoreur, Wystan Hugh Auden
Journal de guerre en Chine, Wystan Hugh Auden - Le Passager, William Cliff Contactez les Éditions Anatolia Conversations avec Joseph Brodsky, Solomon Volkov - Le Livre des snobs, William Makepeace Thackeray
Roman avec amis, Anatoli Mariengof - Survivre, etc…, Mordecai Richler
Marseille revisitée en autobus, Bernard Plossu et Gil Jouanard - Ta mort serait la mienne, Martha Hanna Extraits du catalogue des Éditions Anatolia Les Roseaux de Midas, Journal occitan 1945-1999, Max Rouquette - Moscou blues, Mischa Lev
   
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La presse parle des Éditions Anatolia
 
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  La presse en parle ! 
 
Qui nous délivrera de Louis XIV?
Traité d’égotisme selon Stendhal.
Choix et préface de Samuel Brussell - Anatolia, 133 pages
 
"A Paris, la vie est fatiguée", par Franck Nouchi
Article paru dans l'édition du 06.02.10
 
Qui nous délivrera de Louis XIV? Editions Anatolia
Quoi de neuf ? Stendhal. Vous doutez ? Lisez "Qui nous délivrera de Louis XIV ?, le "Traité d'égotisme selon Stendhal" que publie Anatolia et qui sera en librairie le 11 février. Il s'agit de quelques-unes des meilleures chroniques que l'auteur de La Chartreuse de Parme adressa de 1822 à 1830 à des revues anglaises. Observateur implacable des moeurs de son temps, il y radiographie la presse et le milieu littéraire parisien. D'hier comme d'aujourd'hui.

"En Angleterre, écrit Stendhal, l'aristocratie méprise les lettres. A Paris, c'est une chose trop importante. Il est impossible pour des Français habitant Paris de dire la vérité sur les ouvrages d'autres Français habitant Paris." D'emblée, le ton est donné. Il poursuit : "Tôt ou tard, les provinciaux et les étrangers s'apercevront que tous les articles des journaux français sont dictés par la camaraderie." En revanche, ajoute Stendhal, "rendre compte d'une relation de voyage ou d'un bon livre d'histoire qui vient de paraître à Paris ou à Londres, c'est ce qui leur est absolument impossible par la grande raison qu'avant tout il faudrait le lire et ensuite se donner le temps de le comprendre".

"En France, les journaux auront créé la liberté et perdu la littérature" : la formule de Stendhal est cinglante, tout comme cette charge : "La critique française manque à ce point de probité qu'il est très courant de laisser un auteur écrire pour son propre ouvrage un compte rendu qui est inséré dans les journaux des factions rivales, suivant qu'il est partisan de l'une ou de l'autre ; et cet esprit de coterie est si répandu et si bien admis que notre affirmation serait sans doute confirmée par les cercles littéraires de Paris sans qu'elle les fasse rougir. Les journaux ainsi contrôlés par les auteurs et leurs amis sont souverains en matière de critique, car le public juge invariablement d'après ces oracles."

Stendhal, on l'aura compris, goûte peu l'air de la capitale. Il écrit : "A Paris, la vie est fatiguée, il n'y a plus de naturel ni de laisser-aller." Ou encore : "La société de Paris déclare de mauvais goût tout ce qui est contre ses intérêts. Or, décrire d'autres manières sans les blâmer peut faire douter de la perfection des siennes."

Dans la préface, l'éditeur Samuel Brussel analyse ce qu'il appelle "la dissidence" de Stendhal. "Je ne vis pas dans la société, confiait ce dernier à son journal (je la trouve trop hypocrite et trop grognonne pour cela), je vis dans les environs de la Société, dans une demi-solitude." Misanthrope, Stendhal ? Tout le contraire. Il aimait la vie ; il aimait faire partager ses bonheurs à ses lecteurs. Pour le reste, il s'était fait une raison : "Il me semble qu'il faut du courage à l'écrivain presque autant qu'au guerrier ; l'un ne doit pas plus songer aux journalistes que l'autre à l'hôpital."
 
Franck Nouchi
Ma valise, de Samuel Brussell
Anatolia, 256 pages
 
Samuel Brussell, en compagnie d’un voyageur sans bagages, par Bruno de Cessole
Article du 08.04.10

Ma valise, de Samuel Brussell - Editions Anatolia
Dieu merci, il subsiste encore quelques métiers qui n’exigent, de la part des inconscients qui souhaitent les exercer, aucun diplôme ni peau d’âne.

Seulement du flair, du goût, de la curiosité, de la culture, bref des vertus, innées ou acquises, qui ne s’apprennent pas dans les écoles. Ainsi du métier d’éditeur, jusqu’il y a quelques années tout du moins. Depuis, hélas ! les financiers et les “managers”, formatés par des écoles de commerce pour ilotes, ont succédé, à la tête des grands groupes, aux anciens toqués de littérature, sans avoir prouvé que la maîtrise des chiffres les prédisposait à mieux gérer les aléas des lettres. Par bonheur, les funambules continuent de sévir parmi les petites maisons d’édition qui sont, souvent, l’honneur de la “librairie” comme l’on disait jadis.

Fondateur des éditions Anatolia en 1992, Samuel Brussell a quitté l’école à 15 ans pour courir les routes d’Europe et étancher, en homme libre, sa soif de rencontres et de lectures au « grand fleuve Diversité ». Délesté du poids mortifère des théories et des idéologies, il s’est ainsi préservé des pieuses niaiseries progressistes à la mode, cultivant sa différence au gré de petits métiers intermittents, bibliothécaire, employé des wagons-lits,collaborateur de revues,sans renoncer à son rêve, écrire, mais aussi être le messager du talent d’autrui. Comme lui confia son dernier professeur de français : « Petit, tu ne sais ce qui t’attend, tu vas crever de faim ! » La prophétie, note-t-il dans Ma valise, troisième volume de son autobiographie après Généalogie de l’ère nouvelle et Musique pour les vivants (Grasset), se révéla juste. Pourtant, un peu moins de vingt ans après la création d’Anatolia, Samuel Brussell, s’il n’a pas satisfait aux critères de la réussite selon l’inénarrable Séguéla, peut se flatter d’un catalogue que bien des “grands” éditeurs pourraient lui envier. D’André Biély et Vassili Rozanov à William Cliff et Patrick Kavanagh, de W. H. Auden et Ivan Klíma à Karl Popper et Joseph Brodsky, de Derek Walcott et Gabriel Ferrater à Stephen Vizinczey et Nicolas Gómez Dávila, il a contribué à découvrir ou redécouvrir un joli cortège d’auteurs hérétiques ou, du moins, en dissonance avec l’esprit du temps. Le plus souvent au mépris de la sacro-sainte rentabilité et du retour rapide sur investissement. Comme il le déclara un jour à un fonctionnaire du CNL qui lui réclamait le remboursement d’un prêt : « Comment avez-vous fait pour me prêter cet argent ? Vous connaissez si peu le monde des livres pour ne pas savoir qu’on édite à fonds perdus tout ce qui peut avoir une quelconque valeur, disons, littéraire ? Vous voulez peut-être que je fasse du porno, ou encore de la politique?» On imagine la tête du quidam...

Terreur des banquiers et des directeurs financiers, mais bon génie de la littérature, Samuel Brussell est aussi et surtout un authentique cosmopolite, de la famille de Casanova et de Valery Larbaud, qui n’aime rien tant que de vagabonder à travers le monde, posant ses bagages tantôt à Genève tantôt à Bruges, tantôt à Venise, Londres ou New York. Et le charme prenant de son livre tient aux évocations de ses pérégrinations hédonistes, de ses pèlerinages littéraires sur les traces de Machado à Séville, de Gertrude Stein à Bilignin, de Samuel Johnson à Lichfield, de ses rencontres avec Ionesco, Auberon Waugh, Karl Popper ou V.S. Naipaul, et de ses escales dans les bars de la Vieille Europe. Un régal pour le club stendhalien des “happy few”.

Bruno de Cessole